Exalt Lab Design

Laboratoire de recherche commun dédié à la valorisation du design en entreprise et à la création de valeur par l'expérience.

Soirée de lancement du laboratoire commun EXALT

24 janv. 2018

Posté par Dorian Reunkrilerk

Soirée de lancement du laboratoire commun EXALT

 

Le 13 décembre 2017, la communauté EXALT a eu une première occasion de se réunir lors de la soirée de lancement du laboratoire commun.

Une table ronde était organisée avec l’ensemble des partenaires industriels et académiques qui composent le laboratoire EXALT. Frédérique Pain, responsable de la recherche au sein de l’école de design Strate, a ouvert les échanges en présentant les objectifs et le contexte dans lequel s’inscrit la création d'EXALT.

Le design, objet de recherche encore polysémique et instable dans sa définition, gagne de plus en plus en maturité. Dans le même temps, toutes les organisations que Strate a pu rencontrer propose des situations d’expériences dont la qualité peut renvoyer à une affaire de design. Comment développer une recherche qui démontre la valeur du design derrière cette qualité d’expérience des entreprises ? Il s’agit également d’adresser la question économique et sociale de la valorisation du design en entreprise : comment les organisations se structurent pour devenir « design compatible » ? En connectant le monde de la recherche, celui du design et celui de l’entreprise, l’enjeu est de dessiner le territoire d’activité du design de l’expérience. L’objectif du laboratoire commun EXALT est bien de révéler le contenu que les doctorants auront pu formaliser à leur manière tout en construisant une communauté apprenante.

« Autour d’EXALT l’objectif est aussi de faire des événements, développer des filières métier et contribuer à la pratique professionnelle du design et de son enseignement. » Frédérique Pain

Accuellis au sein de l’agence InProcess, partenaire, Christophe Rebours, PDG de l’agence a pris la main pour exprimer sa vision du design de l’expérience. Depuis 15 ans, Inprocess développe une expertise autour de l’expérience en tant qu’actif. Mais qu’est-ce que l’expérience ? En comparant une scène entre un taxi et un chauffeur UBER, Christophe Rebours évoque toutes les micro-frustrations qui ponctuent notre journée et auxquelles les entreprises tentent de répondre par des bonnes surprises qu’elles soient fonctionnelles, émotionnelles ou sensorielles. 

Par la suite, chaque partenaire (industriel et académique) s’est exprimé sur les enjeux d’intégrer le laboratoire EXALT et plus globalement, sur la transformation des entreprises via le prisme du design.

Philippe Picaud (Carrefour) évoque l’importance de construire les bases théoriques pour ce métier et pour la filière du design. L’enjeu essentiel est de parvenir à concevoir et promouvoir les outils du designer intégré à une entreprise et de comprendre en quoi cela peut permettre l’émergence d’une réelle culture partagée du design. Il ainsi été rappelé que l’entreprise met en œuvre des ateliers de design thinking afin de partager les apports du design en termes d’ouverture et de changement des « mindset ». En ce sens, le design semble être un des leviers pour gagner en agilité.

Pour Cristophe Rebours (InProcess), c’est bien le croisement entre les sciences humaines et le design qui offre un avenir intéressant pour les entreprises et pour les disciplines elles-mêmes en tant qu’elles permettent une prise de conscience optimiste sur la capacité des organisations à proposer de nouvelles expériences qui ont du sens pour l’utilisateur. Intégrer EXALT c’est donc parvenir à comprendre pourquoi et en quoi ces champs d’activités et de recherche apportent quelque chose aux organisations.

A la question « comment fait-on pour transformer les entreprises ? », Laurent Coldre (OTIS) souligne la nécessité de réfléchir sur l’intégration de la pensée design et aller au-delà du réflex design thinking ? Cette pensée permet d’inclure des gens qui ne sont pas dépositaires de la stratégie afin de compléter la proposition de création de valeur de l’entreprise. En ce sens, il s’agit d’identifier des pivots sur lesquels agir pour faire pivoter l’organisation elle-même.

De son côté, Jérôme Piot (Emakina) inscrit ses activités dans la conception d’expériences digitales. Selon lui, il ne peut y avoir aujourd’hui de marques sans expériences. L’un des objectifs de l’agence est donc de pouvoir définir la valeur capable de créer cette expérience.

Dernier partenaire industriel à s’exprimer, Romain Liberge (MAIF) indique que l’entreprise a lancé un projet de transformation de grande envergure : l’objectif est de créer un nouveau modèle qui repose sur le design. Tous les jours, des entreprises réinventent le métier d’assureur en travaillant avec des designers. Or historiquement, la MAIF représente plus de 900 actionnaires, ce qui fait d’elle une entreprise centrée sociétaires, centrée utilisateurs. Dans ce projet de transformation la MAIF a continué à développer sa démarche user expérience tout en explorant les manières d’implémenter des réflexes, une démarche, une manière de faire, basée sur 4 principes : simplicité, pertinence, à l’écoute et dans la symétrie des attentions.

Les partenaires académiques se sont également exprimés sur les activités qu’ils mènent au sein de leur laboratoire respectif. Annie Gentès a présenté les missions que s’est donné le laboratoire qu’elle dirige au sein de Télécom ParisTech : le Codesign lab. Le laboratoire s’appuie sur deux types de recherche : à la fois sur le design (comment les designers, ingénieurs et artistes conçoivent et que mettent-ils en oeuvres avec quels outils ?) et par le design (une fois  le bilan de ces outils réalisé, comment en inventer d’autres ? A travers quelles nouvelles méthodologies, médias, services, etc. ?).

Pour Thomas Paris du Centre de Recherche en Gestion de Polytechnique, son laboratoire inscrit ses recherches à travers deux problématiques : d’un côté celle de l’innovation et notamment comment accueillir des démarches d’innovation et de l’autre la problématique de création. Le design était le chaînon manquant entre ces deux mondes en tant qu’il relève des industries créatives tout en étant au service de l’innovation. Cela a ainsi permis d’élargir les recherches du CRG et d’ouvrir des axes de recherche notamment sur les pratiques d’innovation et de design au sein des entreprises.

Dernier point essentiel de la soirée : l’ensemble du public était invité à interagir avec les doctorants autour de leurs projets de recherche. Un moment riche en échanges et une bonne occasion de diffuser la recherche en design.